Fin septembre. OpenAI lisse son image. ChatGPT dispose désormais d'un contrôle parental. Une réponse aux parents qui accusent le chatbot d’avoir aidé leur fils à se suicider. Garde-fou ou redwashing ?
Adam Raine avait 16 ans. En avril dernier, il s’est pendu dans sa chambre. ChatGPT a noué la corde : les parents du jeune californien ont découvert qu’il confiait ses idées noires à l'IA depuis des mois. Après avoir lu les conversations, la mère d'Adam déclarait : « ChatGPT a tué mon fils ». La famille porte plainte contre OpenAI. Un contrôle parental est mis en place. Mais suffit-il à protéger les plus influençables ?
Le contrôle parental promet des censures : pas de sexe, pas de violences, pas de défis dangereux.
Les parents peuvent voir les échanges de l’enfant avec ChatGPT, désactiver le mode vocal, la génération d’images, définir des plages horaires d’utilisation, avoir des notifications en cas de
« problèmes sérieux ». Mais la dépendance émotionnelle à l’IA, elle, reste intacte. L'adolescent se lie. L'écran l'enferme.
ChatGPT est entraîné à la validation émotionnelle. Il dit ce que l’utilisateur a envie d’entendre. Il prend apparence humaine, dit « tu as raison », flatte son utilisateur. Chaque « je te comprends » est une camisole. Les réponses immédiates déclenchent un afflux de dopamine. Ainsi née l'addiction. Tout, dans le monstre algorithmique, vise à rendre dépendant. Et aucun jeune n’est à l’abri.
Nouvelle thérapie, vieille solitude. ChatGPT devient un psy pour ceux qui n’en ont pas. Une étude YouGov 2024 le confirme : les jeunes américains (18-29 ans) sont les plus à l’aise pour confier leurs problèmes de santé mentale à une intelligence artificielle.
Dans les déserts médicaux, la tentation grandit. En France aussi.
ChatGPT n’est ni votre psy ni votre ami. C’est un programme informatique, un miroir trompeur. Face à l'atomisation sociale et la détresse des jeunes, l'IA n'est pas une solution, elle est une menace. Aucun contrôle parental ne sauve de l'emprise. Aucun algorithme ne gouvernera la société.
Rejoignez la résistance.



