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Brêves de presse

Menace touristique sur le dolmen de la Roche aux Fées

Par
ATR
05
October
2025
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Depuis 2022, un projet d’aménagement touristique est discuté au sujet du dolmen de la Roche aux Fées, en Ille-et-Vilaine. Le plus grand dolmen de France, le mieux conservé d'Europe. Le but ?
“Optimiser l’accueil et amplifier le rayonnement” du site, selon le procès-verbal du Conseil Communautaire du 31 Mai 2022.

Sont prévus, entre autres : la coupe de plusieurs arbres centenaires, dont un chêne et un châtaigner faisant partie du patrimoine commun des arbres remarquables en Bretagne ; la destruction de haies bocagères, pour ouvrir le paysages et donner plus de visibilité au site ; un nouveau parking prévoyant jusqu’à 150 places l’été ; l’extension des structures d’accueil pour le public.
 
La première critique émise par les groupes contestataires, c’est l’impact sur les êtres vivants du site. Les arbres présents sont essentiels pour la biodiversité animale locale et pour le maintien du sol, tout comme les haies. Les destructions prévues vont de fait causer la disparition de plusieurs espèces animales (oiseaux, petits mammifères, insectes, batraciens). Par ailleurs, le projet va aussi augmenter fortement la fréquentation du site, qui devrait passer de 25 000 visiteurs/an à 35 000 ! Or, plus de visiteurs, c’est plus de piétinement, plus de bruit, plus de déchets. Quand construire des installations touristiques revient à sacrifier un écosystème vivant au nom du “patrimoine”, il est temps de remettre en question l’aspect “écologique” revendiqué du projet.
 
La seconde critique aborde la dimension “touristique” du site. La logique derrière ce projet est celle de la rentabilité touristique : il faut rendre le site “visible”, “accessible”, “attractif”. Cette approche efface la valeur sensible, spirituelle ou culturelle du lieu, pour le transformer en simple lieu de passage rapide. On encourage ici un tourisme en voiture, rapide, consumériste, sans ancrage. Transformer un site naturel et ancien en produit touristique, au lieu de soutenir des projets écologiques dans la région. Imposer une gestion industrielle d’un patrimoine culturel spectaculaire, au lieu de réellement le préserver.
 
Tel est le vrai visage de l’aménagement de la Roche aux Fées, dévoilé par les habitants, naturalistes et collectifs locaux qui s’opposent à ce projet. Ils dénoncent un projet hors-sol, imposé de surcroit sans réelle concertation.
 
Défendre la Roche aux Fées, ce n’est pas refuser toute évolution : c’est refuser un aménagement destructeur qui ne sert que des intérêts économiques. Il est possible de faire autrement. La Roche aux Fées a tenu debout pendant plus de 5 000 ans sans panneaux, sans parking, sans flux organisé.
 
Ne laissons pas quelques velléités politiques saccager la mémoire de nos prédécesseurs.
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