Colibrisme. Transition écologique. Après sa participation au festival du capitalisme vert « ChangeNow », l'écologiste médiatique Cyril Dion continue de promouvoir des utopies technologistes. Désormais, l’intelligence artificielle serait la voie de sortie contre l’écocide en cours.
Accaparement de l’eau, extractivisme, consommation énergétique. C’est sur FranceTV que Cyril Dion fait le constat dramatique du coût écologique de l’IA. Pourtant selon lui, nous pourrions la « réorienter » pour en faire un outil « vert » et « démocratique ». L’IA serait un messie « capable d’aider les populations à voter de manière plus éclairée ».
Ainsi, ce changement d’usage la rendrait immatérielle. Par quelle magie ? Mystère. N’est-ce pas là le summum de la dissonance cognitive ?
En réalité, ce discours date des utopistes du web dans les années 1990. Ils voyaient dans Internet la possibilité d’atteindre une société « démocratique » parfaite, car tout le monde aurait été « bien informé » avant de voter. Pourtant, le chercheur Evgeny Morozov (2011) démontre que ces croyances naïves ne se sont jamais réalisées, et qu’elles ont servi d’alibi au développement intensif des pires technologies de surveillance. Mais ce n’est pas tout.
Dans le discours de Cyril Dion, la neutralité de la technologie apparaît comme une évidence prophétique. Il fait totalement abstraction du sytème de production intrinsèquement anti-démocratique. De l’extractivisme en passant par les data centers et les décharges électroniques toxiques. Des robots tueurs qui génocident des gazaouis aux habitants qui meurent de maladies respiratoires aux Etats-Unis et des populations assoiffées au Mexique, il faut vraiment être cynique pour parler d’une possible IA « éthique ». Ceux qui en paient le prix réel, n’ont que faire des discours sur le prétendu « usage démocratique » de l’intelligence artificielle. Ils ont compris depuis longtemps, que l’atrocité des guerres, les corps meurtris et la nature ravagée sont consubstantiels
à la technologie.
Enfin, un surcroit de technologie mortifère ne s’est jamais transformé magiquement en planche de salut. Sur la base de ce constat matérialiste, nous devons abandonner les illusions technosolutionnistes et nous mobiliser collectivement contre l’industrie !
Face à l’effondrement écologique en cours, il ne s’agit pas d’aménager l’industrie, mais d’en sortir radicalement.



