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Colonialisme vert : Expulser pour préserver ?

Par
ATR
13
December
2025
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Le Monde, le 22 août 2025 : « Au Kenya, des chasseurs-cueilleurs expulsés de leurs forêts ancestrales. »
 
Les Ogiek vivent depuis des siècles en harmonie avec la nature. Ce sont des chasseurs-cueilleurs, dépendants de la forêt pour se nourrir, se soigner, vivre.  Au nom de l’écologie, ils se sont vus expulsés de leurs foyers.
 
Fin 2023. Équipés de haches et marteaux, des gardes forestiers expulsent des centaines de personnes en quelques jours. Sans qu’aucun motif clair ne leur soit donné, ni préavis accordé. Les maisons sont brûlées. Les cultures piétinées. L'écologie selon l'État La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a jugé ces expulsions illégales, et a condamné l’État kényan à leur verser des indemnités financières. Les Ogiek ont gagné des procès. Sur le papier. Car sur le terrain, le gouvernement continue de les ignorer.
 
Leur crime ? Vivre dans une forêt devenue soudainement lucrative, fructueuse aux yeux des industriels. Pourquoi les expulser ? Deux pistes.
 
La première serait un projet de sylviculture : comme partout dans le techno-monde, les forêts sont rasées au profit de monoculture de bois. Moins sauvage. Plus rentable.
 
Seconde piste : la finance verte. Sous couvert de « protéger la biodiversité », l’État kényan vend ces espaces naturels aux industriels étrangers. En échange ? Des crédits carbones.
 
« Préserver » ici, polluer là-bas. Le colonialisme repeint en vert. Mais les terres, elles, sont bien volées. Cette nouvelle forme de colonialisme repose sur un discours civilisateur, selon lequel la nature devrait rester un sanctuaire totalement préservé de l’humain. Comme si certains oubliaient l’appartenance de l’espèce humaine à cette même nature. « Les Africains n’auraient aucune place sur leur propre continent. Ils seraient plutôt des intrus qui perturbent l’équilibre d’une planète verte » écrit l'historien Guillaume Blanc. L'écologie d'État prend toujours la même forme : répressive
et autoritaire.
 
Derrière les discours climatiques et les sommets mondiaux, les mêmes logiques : terres volées, populations dépossédées, ressources privatisées. Derrière les COP, des bulldozers. Les Ogiek ne sont pas une exception. Ils sont la règle du monde industriel. Partout les autochtones paient le prix de l'écologie comptable.
 
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