Les quelques exemples d’applications de la technologie CRISPR vous ont choqué, ou simplement perturbé ? Pourtant, tous ces chercheurs n’œuvrent que pour le bien des êtres humains, des animaux et même de la planète ! Comme toujours avec les biotechnologies, des arguments sanitaires et sécuritaires sont avancés pour légitimer ces innovations auprès des « consommateurs » et du « grand public ». La modification d’êtres humains et le biohacking ne sont que des mauvais usages qui disparaîtront avec la régulation et l’encadrement éthique ! L’expérimentation animale est un sacrifice à payer pour les avancées phénoménales que CRISPR fait miroiter en recherche médicale.
Les défenseurs de l'édition génomique — autrement dit, toute la classe technocratique — usent également d’un greenwashing éhonté pour obtenir l'acceptation sociale de leurs prouesses scientifiques. Pour rappel, le greenwashing est la propension du système industriel à digérer les critiques qui lui sont faites, en intégrant les revendications de ses opposants. Pour l’écologie, il s’agira par exemple de promettre une transition énergétique ou la décarbonation. Pour les défenseurs de la cause animale, on nous assure que des solutions seront trouvées pour alléger le supplice des animaux d’élevage. L’idée étant de ne jamais remettre en question l’hégémonie du développement technologique et donc, par extension, l’existence du système techno-industriel, qui ne pourra jamais être soutenable. Ce faisant, les technocrates satisfont les moins radicaux de leurs détracteurs, divisent les forces qui lui sont opposées, et assoient d’autant plus leur domination[1].
L’édition génomique va nous sauver du dérèglement climatique
Regardons par exemple les déclarations de Jennifer Doudna, l’une des co-découvreuses de CRISPR. Cette chercheuse raconte souvent que sa fascination pour le Vivant lui vient de son enfance dans une région isolée de Hawaï, et que c’est pour cette raison qu’elle s’est lancée dans la biologie. Elle passe son temps, dans une verve technosolutionniste passe-partout, à répéter que CRISPR va aider l’humanité à surmonter le dérèglement climatique et même, dernièrement, à régler la dette écologique ! Elle nous parle par exemple de modifier le microbiome des animaux d’élevage pour qu’ils n’émettent plus de méthane, ou de plantes qui résistent à la sécheresse[2]. Elle participe même, grâce à des financements de l’entreprise philanthropique du fondateur de Facebook, à créer des plantes et des microbes qui absorberont et stockeront plus de CO2[3] ! C’est vous dire si elle s’engage pour la Planète. Ainsi, l’agro-industrie n’est pas remise en cause, alors que son avènement à l’échelle globale a plus que largement contribué aux crises environnementales et sociales que nous vivons aujourd’hui. Tout ce que CRISPR pourra faire, malgré son caractère apparemment révolutionnaire, c’est arrondir les angles, faire des ajustements ça et là, pour rassurer le « grand public » et légitimer d’autant plus un système techno-industriel plus « éthique », plus acceptable, plus « vert ». Doudna, récompensée par deux prix dont un Nobel pour sa contribution au Progrès du génie humain[4], a fondé plusieurs start-ups pour capitaliser sur sa découverte, qui ont attiré beaucoup d’investisseurs, parmi lesquels on peut trouver les transhumanistes des GAFAM, les milliardaires philanthropes partisans du Progrès, l’Armée américaine ou encore les plus grands pollueurs de l’agro-industrie[5]. Caribou, l’une de ses start-ups, a par exemple signé un accord de licences avec DuPont pour créer des variétés végétales climate-ready. Effectuons un bref retour sur cette entreprise, afin de voir avec qui Doudna s’associe pour, selon ses mots, « construire un avenir plus résilient pour nous tous » (« to build a more resilient future for all of us »).
DuPont, entreprise pluricentenaire ayant fait fortune en fabriquant de la poudre à canon pour l’armée américaine, est l’un des plus grands groupes industriels de chimie du monde et le deuxième pollueur atmosphérique américain. Responsable de la déforestation massive du Canada et des États-Unis pour son industrie papetière, DuPont est aussi connu pour avoir systématisé l'obsolescence programmée en produisant du fil et des bas en nylon volontairement plus fragiles. Il a également inventé le Téflon, qui fut vendu là encore à l’armée américaine durant la Seconde Guerre mondiale pour réaliser les joints d’étanchéité nécessaires à la production de l’uranium 235. Ce matériau était utilisé dans la fabrication des premières bombes nucléaires. Vendu comme revêtement antiadhérent pour les ustensiles de cuisine depuis les années 1950, le Téflon est aujourd’hui utilisé dans l’automobile, l’aviation, l’électronique, la médecine, le photovoltaïque ou encore le bâtiment. Le groupe DuPont a été condamné dans les années 2000 à une amende de 16,5 millions de dollars pour avoir dissimulé des informations sur la toxicité de certains composants chimiques du Téflon. DuPont fut aussi condamné à une amende de 615 millions de dollars lors du procès contre son dépôt de Parkersburg, qui pollua toute la région alors que des études sur les propriétés nocives du PFOA, substance toxique utilisée dans la fabrication du Téflon, avaient été dissimulées pendant 40 ans. Le groupe gagnait à l’époque 1 milliard de dollars par an en produisant des matériaux contenant du Téflon. Aujourd’hui, tout le monde au sein du système techno-industriel est exposé aux PFAS, dont le PFOA fait partie, polluants éternels présents partout sur Terre, qui causent des cancers, des problèmes de foie, de grossesse, de fertilité, etc. Ce sont là les dommages collatéraux de la marche du Progrès[6] !
DuPont incarne donc parfaitement toutes les dérives liées à l’avènement du système techno-industriel. Comment croire une seule seconde que ce même groupe industriel puisse régler le problème du dérèglement climatique ou de la dette écologique, qu’il a largement contribué à créer, par la grâce d'une énième nouvelle technologie ? Le fait qu’une entreprise comme DuPont se soit ruée sur CRISPR jusqu’à devenir la première firme en termes de nombre de brevets liés à cette biotechnologie, nouant des partenariats avec tous les acteurs importants du secteur, devrait nous mettre la puce à l’oreille. Dès 2016, DuPont utilisait CRISPR pour créer une variété de maïs adapté aux transformations industrielles (préparations alimentaires, adhésifs, papier et carton, agrocarburants.) On voit bien là leurs priorités et leur intérêt dans l’édition génomique[7].
C’est avec cette entreprise que Jennifer Doudna n’hésite pas à s’associer pour créer des variétés climate-ready et nous sauver du dérèglement climatique. Ne soyons donc pas dupe : la seule chose que les technocrates comme Doudna et les pollueurs comme DuPont veulent sauver, c’est bien le système technologique, dont ils sont les façonneurs et les gardiens.

Jennifer Doudna répète régulièrement à la fin de ses conférences, comme un sacerdoce, que CRISPR pose des questions éthiques et qu’il faut être prudent. Bien évidemment, il ne s’agit là que de vaines exhortations, et on serait presque surpris par sa fausse naïveté si on ne connaissait pas le rôle crucial des scientifiques de sa trempe dans la catastrophe que nous vivons actuellement.
L’ingénierie génétique au service du bien-être animal
Autre exemple d’une réappropriation des critiques faites au système industriel globalisé : l’exploitation animale. Comme on a déjà pu l’évoquer, la technologie CRISPR et l’édition génomique permettent à l’industrie de maximiser ses rendements en augmentant la masse musculaire des animaux dits « de production ». Pourtant, des arguments sont aussi utilisés pour rendre l’élevage industriel plus éthique et moins « problématique ». Nous avons parlé des cochons rendus unisexes afin, entre autres, d’éviter les castrations sans anesthésie. Nous avons évoqué les saumons d’élevage rendus stériles pour éviter les risques de contamination de populations sauvages.
Nous pourrions aussi mentionner l’agronome américaine Alison Van Eenennaam, qui a fait davantage parler d’elle dans les médias en insistant sur la souffrance animale dans les élevages intensifs. Cette scientifique, qui se dit inspirée par nul autre que Norman Borlaug, le « père de la Révolution Verte » qui a éradiqué la paysannerie et dévasté des territoires entiers sur toute la planète[8], entend tout simplement y mettre fin en modifiant génétiquement des vaches pour qu’elles n’aient plus de cornes. En effet, ces vaches sont tellement entassées dans les fermes industrielles qu’elles se blessent avec leurs cornes, ou blessent les éleveurs. Pour éviter qu’on leur coupe les cornes, Van Eenennaam coupe donc leur ADN avec ses ciseaux moléculaires. Ainsi, les industriels pourront continuer d’élever en masse des vaches destinées à être charcutées dans des conditions de vie indignes et sous antibiotiques. Les consommateurs pourront quant à eux acheter leurs « produits » en toute bonne conscience. On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs : au cours de ses recherches, les cobayes ratés — dont l’édition génomique a provoqué des effets « hors-cible » et qui ont donc été rejetés par la Food and Drug Administration — sont incinérés car les garder en vie coûte trop cher[9]. Le bien-être animal à la carte, comme toujours avec les technocrates.
Autre grande contribution de cette amie des bêtes à l’agro-industrie, parce qu’il ne faudrait pas se préoccuper uniquement du « bien-être » du bétail : son projet « all boys », qui a pour objectif de donner aux femelles les caractéristiques des mâles, c’est-à-dire plus de chair, de muscles et donc de viande. C’est quand même idiot de devoir s’occuper de femelles qui mettent plus de temps à grossir, et polluent donc davantage en vivant plus longtemps ! L’idée est donc de « réduire l’impact de la production » : la logique implacable des agronomes ne cessera de nous surprendre… Au moins, grâce à CRISPR, les vaches seront plus rentables, et grâce aux travaux de Jennifer Doudna, elles n’émettront plus de méthane ! L’élevage intensif et l’abattage de 300 millions de vaches par an[10] pour leur lait et leur viande est devenu durable et éthique ! L’uniformisation et la standardisation du Vivant au profit du système industriel se voient ainsi justifiées par des arguments « environnementaux » et « moraux ».
Van Eenennaam se plaint toutefois de la lenteur avec laquelle les instances de régulation, les producteurs et les consommateurs acceptent ses AGM… Selon elle, de la désinformation de masse, fomentée par des lobbys anti-OGM et des industries concurrentes anti-CRISPR, explique ce phénomène ! Elle milite donc auprès des producteurs et vante l’édition génomique, notamment à travers un site internet et divers autres projets[11]. Que les souverainistes restent tranquilles, la France n’est pas en reste en ce qui concerne la création de bovins « durables » : l’Inrae travaille aussi en ce moment-même à des vaches « meilleures pour l’environnement » en Normandie, apparemment sans CRISPR pour l’instant[12].
En Nouvelle-Zélande et aux États-Unis, on cherche aussi à adapter les bovins au dérèglement climatique, pour leur bien-être, pour sécuriser l’approvisionnement alimentaire, lutter contre la faim dans le monde, etc. Que de raisons louables pour justifier l’édition génomique ! Des veaux aux poils plus courts et plus fins, des vaches au pelage moins sombre… Les scientifiques ne manquent pas d’imagination[13]. Comble de l'absurdité, l’idée est donc de maintenir l’élevage intensif et industriel coûte que coûte, même sur une planète à +5 degrés !

La technologie CRISPR au service du statu-quo industrialiste
D’autres scientifiques ont des idées plus farfelues : le professeur Yi Li, qui travaille entre la Chine et les États-Unis, cherche par exemple à créer des gazons « climate-smart » modifiés pour qu’ils ne dépassent pas une certaine taille et qu’ils nécessitent moins d’engrais ou d’eau. Il n'y aurait donc pas besoin de les tondre ou de les arroser régulièrement. Résultat : réduction des émissions de gaz à effet de serre (et de la pollution sonore !) Le climat devrait se refroidir d’un instant à l’autre… D’autant plus que ses gazons sont bien adaptés aux robots tondeuses : fini les vieilles tondeuses qui polluent, place au progrès, place au futur ! Nous pourrons ainsi continuer d’admirer de beaux gazons bien lisses et bien verts devant les jolies maisons pavillonnaires, sans fleurs ni insectes... Ouf ! Les adeptes du golf pourront quant à eux pratiquer leur hobby sans se faire critiquer par de satanés écologistes et autres populations locales privées d’eau, même pendant l’effondrement[14] !

Comble de la fantaisie du génie génétique, le professeur George Church[15], célèbre pour sa tendance à créer la polémique dans les médias, a co-fondé une société baptisée Colossal Biosciences, qui a récemment fait parler d'elle en déclarant publiquement avoir « ressuscité » des loups géants éteints depuis 10 000 ans[16]. L'entreprise s’est donné pour objectif principal de recréer le mammouth laineux. C’est le business de la « désextinction[17] ». Il ne s’agit pas là de science-fiction : depuis sa fondation en 2021, l'entreprise a levé 435 millions de dollars pour mener à bien ces recherches. En bons technosolutionnistes, ils ambitionnent de sauver ou faire revenir des animaux de l'extinction, d’inverser les effets néfastes du changement climatique et de régénérer des paysages vitaux. Par exemple, le projet farfelu autour des mammouths laineux est de les réintroduire dans les écosystèmes arctiques, d'en placer un tous les kilomètres pour qu'ils tassent l’herbe et la neige, rendent le sol plus froid et contribuent ainsi à terme à réduire la libération des gaz à effet de serre... Ainsi, peu importe que des espèces disparaissent chaque jour : grâce à la technologie CRISPR et à l’édition génomique, nos scientifiques écologistes pourront les recréer ! S’inspirant de la NASA et comparant la désextinction à la conquête spatiale, les chercheurs de Colossal et leurs riches investisseurs ont simplement l’air d’essayer d’absoudre la société industrielle, comme si faire revenir des espèces éteintes pouvait faire oublier tous les autres dégâts causés par le progrès technologique. Extinction culturelle et ethnocides, appropriation des ressources et asservissement des populations, empoisonnement universel, aliénation, artificialisation des paysages… La liste est longue, et il ne suffira pas de faire « revenir » des mammouths pour effacer 200 ans de carnage social et écologique. On comprend bien, néanmoins, où ces gens veulent réellement en venir : la recréation de ces espèces aura avant tout un intérêt touristique — ils évoquent déjà des « parcs à animaux ressuscités[18] » — et médiatique, comme en témoigne la campagne de promotion révoltante associant leurs loups génétiquement modifiés à l'arme de distraction massive qu'est la série « Game of Thrones. »

La « désextinction » est sans grande surprise un vaste enfumage. Comme l’explique Tatiana Giraud, directrice de recherche au CNRS et professeure au Collège de France, la désextinction ne concerne que quelques espèces emblématiques, comme le dodo ou le tigre de Tasmanie, mais pas les milliers d’autres espèces — champignons, plantes, insectes et bactéries — qui ont disparu et qui sont pourtant essentielles à de nombreuses fonctions écosystémiques dont notre survie dépend[19]. La contradiction entre préservation et désextinction illustre parfaitement l'impasse du technosolutionnisme : alors que le système techno-industriel sur lequel reposent toutes les « prouesses » de Colossal Biosciences — « la première entreprise à travailler à l’intersection de l’IA, de la biologie computationnelle et du génie génétique[20] » — est la cause principale de l'extermination de tous les êtres vivants sur Terre, on voudrait nous faire croire que c’est cette même entreprise qui pourra endiguer le massacre. Sans oublier les petites expériences que devront mener nos chers scientifiques sur les derniers éléphants d'Asie pour faire leur mammouth ; ces animaux sont déjà menacés de disparition et agressés de toutes parts par la construction d'infrastructures, le tourisme, le braconnage et la fragmentation des forêts, il fallait encore que des adeptes de Jurassic Park viennent trifouiller leur génome. Rappelons que le projet de Colossal nécessite, en théorie, de nombreux embryons d'éléphants d'Asie ainsi que des dizaines de femelles porteuses pour mettre au monde leurs animaux hybrides[21]. Les quelques chimères qui survivront feront sans doute ensuite l'objet d'une campagne médiatique sur le thème de « L'Âge de Glace »...
En fait, tout l'enrobage autour du programme de Colossal Biosciences ne sert qu'à justifier (et financer) le développement de nombreuses technologies autrement plus rentables et commercialisables, qu'il s'agisse de bioinformatique, de biologie computationnelle (via leur start-up Form Bio), de CRISPR, d'intelligence artificielle, de culture d'embryons ou encore d'« utérus artificiels ». En effet, les investisseurs se doivent bien de rentrer dans leurs frais et l'entreprise de renflouer les caisses, en attendant de pouvoir vendre ses services à des gouvernements sous la forme de « contrats de biodiversité ». C'est dans ces termes que Ben Lamm, le milliardaire qui a cofondé l'entreprise avec George Church, désigne la réintroduction en milieu sauvage d'animaux génétiquement modifiés, ou la manipulation génétique d'animaux sur un territoire donné afin d'altérer leur reproduction ou leur comportement, ce qui n'est pas sans rappeler la pratique controversée du forçage génétique, déjà appliquée dans d'autres contextes. Lamm parle aussi de bénéficier, à terme, de « crédits nature », inspirés des crédits carbone, et de taxes sur le tourisme[22]. Le business de la désextinction, sous couvert de préoccupations environnementales et à grand renfort de références nauséabondes à une « pop culture » industrielle et aliénante, participe ainsi à développer et rendre acceptables la reproduction artificielle de tous les êtres vivants en laboratoire et l'automatisation des processus industriels du système technologique.

Évidemment, tous ces arguments — l’écologie, le développement durable, l’adaptation au dérèglement climatique, la sécurité alimentaire, etc. — sont aussi utilisés pour justifier la modification de plantes. On compte déjà de très nombreux projets de végétaux édités grâce à CRISPR pour les immuniser contre des maladies, les rendre plus faciles à consommer (standardisation, homogénéisation) ou pour en rendre la culture plus « résiliente » face aux « défis » du dérèglement climatique ou à la croissance démographique… Là encore, la recherche et l’innovation en biotechnologies sont avant tout au service de la résilience du système techno-industriel.
La catastrophe écologique et la chute de la biodiversité donnent donc un prétexte aux technocrates pour imposer toujours plus de contrôle sur le vivant. Puisqu’il leur est inconcevable de remettre en question le système dont ils tirent tous leurs privilèges, tout ce qu’ils peuvent faire, c’est le maintenir à flot, en l’adaptant à l’épuisement et à l’inhospitalité croissante de la biosphère à l’aide de béquilles technologiques comme CRISPR. Ce faisant, en modifiant les organismes pour les faire plier aux exigences d’un système intrinsèquement insoutenable puisque fondé sur l’exploitation sans limite de toutes les ressources, ils substituent à un environnement dégradé un environnement complètement artificiel, uniformisé et standardisé.
Des monocultures intensives de plantes immunisées contre toutes les maladies et supportant les pires sécheresses recouvriront la planète, tandis que les usines-abattoirs seront remplies d’animaux « édités » pour résister à des chaleurs infernales et n’émettre aucun gaz « nocif ». Rien ne pourra garantir que les plantes qui vous entoureront ne seront pas la propriété de DuPont et que les quelques animaux errant au loin ne seront pas sortis des laboratoires d'une start-up disruptive. Voilà l’« avenir plus résilient » promis par CRISPR.



