Je suis entré dans l’âge adulte par une maladie auto-immune. Une maladie dite de « civilisation » : Crohn, pour ceux qui connaissent. C’est pas de la tarte. Le facteur environnemental est indéniable : nourriture stérile, air pollué, stress prolongé...
Aujourd’hui, rien qu’en France, nous sommes 200 000 à avoir une inflammation chronique de l’intestin.
Concrètement, un traitement de pointe nous maintient en vie. Un traitement qui nous rend dépendants (du système qui nous a rendus malades).
Le jour où l’on m’a diagnostiqué, j'avais 18 ans. Le spécialiste m’a prévenu que j’aurai « un cancer du côlon avant 50 ans ». Imaginez vivre avec un compte à rebours au-dessus de votre tête. Vivre condamné.
Être contraint de survivre par un traitement pharmaceutique aurait pu, aurait dû, me faire consentir au système technologique. M'y faire adhérer. Espérer même - espérer une guérison totale. Or, il ne m’a pas semblé juste de faire reposer mes espoirs sur l’entité responsable de mon état.
Car au-delà de ma petite individualité, c’est notre environnement qui devient invivable. Nos sols, notre air, nos eaux sont souillés par l’industrie. Nos vies, nos psychés, nos codes génétiques sont braqués par un système toujours plus avide d’esclavage. Pour croître, il lui faut miner, exploiter, harasser, dégueulasser.
Alors non. Je ne serai plus otage du progrès. Je ne cautionnerai pas l'abomination industrielle. Mon seul confort ne saurait me faire soutenir la marche du techno-système. Je préfère souffrir libre que « guérir » en servant d'alibi à l'écocide. Ma vie vaut bien une nature à l'abri.
Comment ne pas être anti-tech ?
M. Salarié, 32 ans.
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